Violences sexistes de rue : vers un changement législatif

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L’exposition aux violences sexistes dans la rue et dans les transports est un phénomène international courant mais jusque-là peu pénalisé, d’autant plus que la ville est un espace « occupé » par les hommes (voir La ville faite par et pour les hommes d’Yves Raibaud). Une étude de l’entreprise Mazars sur 2000 femmes dans le monde a dévoilé des témoignages affligeants : en Egypte, les attaques sexistes dans la rue sont très fréquentes, menées bien souvent par des groupes organisés. Le témoignage d’une brésilienne mentionne un harcèlement quotidien. Certains gouvernements ont alors décidé de réagir.

Récemment, des pays comme la Belgique et le Portugal ont mis en place des lois pour punir ces violences. La Belgique, après la notoriété virale de la vidéo de Sofie Peeters, Femme de la rue, a choisi de créer une loi, puis de la durcir, pour lutter contre les comportements sexistes dans la rue. Au Portugal, le « piropo », défini initialement comme une expression d’admiration ou d’éloge, est très répandu. Malheureusement, ce « piropo » est, dans le sens commun, une manière qu’ont les hommes de héler une femme dans la rue pour la flatter, et il peut être assimilé à de la violence sexiste de rue. Il est donc prohibé depuis le 27 décembre 2015. Les contestataires qui défendent le « piropo » parlent quant à eux d’une pratique culturelle, et sa prohibition par l’Etat est vue par certains comme une atteinte à la liberté de draguer, voire à la liberté d’expression, ce qui crée une controverse. D’autres pays comme l’Argentine, où le « piropo » est également monnaie courante, parlent de mettre en place des lois pénalisant ce genre de pratiques.

A l’inverse, une loi a été votée en Algérie, pour punir les femmes portant des vêtements jugés provocants. L’éditorialiste Abdou Semmar, s’insurge contre cette loi, en expliquant que « le vice n’a pas d’habits », et qu’une femme provoquant l’excitation d’un homme n’est en aucun cas coupable du comportement qu’elle pourrait susciter, mais que si la situation dérape, elle doit plutôt être considérée comme victime. En France, le retrait de l’article 14 sur le harcèlement dans les transports par le Sénat, sans discussion préalable, marque un autre recul dans la volonté de mise en lumière d’un phénomène universel et quotidien.

image disponible sur http://harcelementderue.tumblr.com

image disponible sur http://harcelementderue.tumblr.com

Cependant, nous pouvons nous demander si ces lois, qui, en théorie peuvent faire évoluer les mentalités et mieux protéger les victimes de violences sexistes, sont réellement efficaces en pratique. Les six  mois après la création de la loi contre le harcèlement de rue en Belgique, aucune plainte n’a été déposée. De nombreuses campagnes de prévention agissent en parallèle pour faire prendre conscience que ce phénomène existe bel et bien, comme la vidéo interactive : « Et vous, comment réagiriez-vous si vous étiez dans ce bus ? ».

Clara Montmartin

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Une réflexion au sujet de « Violences sexistes de rue : vers un changement législatif »

  1. Pour faire baisser le taux de « harceleurs de rue », il y a aussi un gros travail à faire par les femmes , les mères .
    Et oui! Ce sont encore les femmes qui doivent faire des efforts!!!
    Un travail à long terme pour les prochaines générations: l’éducation des petits garçons.
    Quand elles ont un fils, trop de mères croient encore qu’un « dieu » vient d’arriver dans leur foyer! Un enfant mâle qui a tous les droits, à qui on passe tous ses caprices, qui commande sa mère et ses soeurs!
    Les mères ont un rôle primordial dans les 1ères année de l’éducation de leurs jeunes enfants.
    Alors il faut qu’elles élèvent leurs fils comme leurs filles, qu’elles leurs apprennent le respect des autres et des femmes dès le plus jeune âge.
    Les mères doivent apprendre à leur fils, dès le biberon, que dans la vie, il y aura toujours des interdits, des frustrations, des refus!

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